La truffe : de la culture à la dégustation !

Un bon terrain

Ainsi que vous avez pu le voir, plusieurs espèces de truffes poussent plus ou moins spontanément dans notre région. Chacune réclame des conditions particulières de sol et d’environnement. Toutefois, certaines caractéristiques demeurent communes à plusieurs truffes ; il en est ainsi de la nature des sols et de leur niveau d’acidité. En effet, pour la majorité d’entre elles, il convient de trouver des terrains à tendance calcaire pour envisager la production de truffes.

La production truffière est une culture à moyen terme, qui demande un réel engagement de la part du producteur. Une telle plantation exige une surveillance et un suivi régulier. De ce fait, un bon accès-véhicules est indispensable. Autre élément à intégrer dès la réflexion, du fait des changements climatiques et de la diminution constatée de la pluviosité : la maîtrise de l’eau. Il sera prudent de réfléchir à cette question et de s’assurer que la capacité à apporter un complément d’arrosage sera effective.

Lors de la recherche d’une parcelle susceptible de bénéficier d’une plantation d’arbres truffiers, on peut éventuellement présélectionner un secteur, en fonction de l’état actuel du terrain. Effectivement, le « précédent cultural » n’est pas sans incidence, à la fois sur le coût de l’investissement et sur la croissance et la production de la future plantation. Ainsi, une parcelle boisée devra d’abord être entièrement défrichée et nettoyée avant la véritable  préparation du sol, induisant forcément un coût supplémentaire important. A priori, les parcelles les plus favorables sont en général les friches, les anciennes vignes (sur sols calcaires) et  certaines cultures de céréales.

Afin d’optimiser l’engagement du planteur et son investissement, nous nous intéresserons  plus particulièrement aux exigences  de la truffe la plus prisée actuellement en France : la Tuber Melanosporum dite Truffe Noire du Périgord. Cette espèce de truffe réclame un terrain à exposition sud-est à sud-ouest de préférence, en raison de son grand besoin d’ensoleillement (des orientations plus fraîches ne sont toutefois pas à rejeter immédiatement en liaison avec le changement climatique actuellement constaté). Sa culture est envisageable jusqu’à une altitude maximale voisine de 1000 mètres.

On recherchera de préférence un terrain plat ou en légère pente (pouvant favoriser un écoulement de l’excès d’eau éventuel) afin d’autoriser les entretiens mécaniques. Le sol doit être léger, aéré, perméable (attention aux terres lourdes type argile). La profondeur du sol n’est pas déterminante : un minimum de 10 à 15 cm de terre arable est suffisant si on se trouve sur une roche fissurée. Cette terre doit présenter une bonne activité biologique (présence constatée de vers de terre et d’une microfaune). Il peut être intéressant également de trouver à proximité, la présence  de plantes indicatrices telles que Genévrier, Prunellier, Églantier.

En tout état de cause, avant toute décision de plantation, un diagnostic préalable par une personne compétente est fortement conseillé. Une analyse de sol n’est pas absolument indispensable mais permettra, dans certains cas précis, d’apporter une connaissance déterminante du potentiel sol.